Le discours prépondérant sur la migration des quelque trois millions de personnes originaires du Myanmar vivant actuellement en Thaïlande est essentiellement binaire. On considère généralement qu’ils sont soit des manœuvres, soit des réfugiés. En termes de causalité, la première catégorie serait incitée à se déplacer « de son plein gré » pour des raisons économiques tandis que la seconde serait « contrainte » pour des motifs politiques.

Une vision simpliste

Cela peut sembler être une rapide simplification des recherches des autres mais plus on se penche attentivement sur les écrits, plus cette vision binaire réfugié vs manœuvre constitue le cadre théorique dans au moins trois disciplines : les politiques migratoires contemporaines, la législation internationale sur les réfugiés et travail, ainsi que les études des organisations non gouvernementale. Je crains que cela ne soit plus une figure rhétorique qu’un élément étayé par des preuves en provenance du terrain.

L’année dernière, Adam Saltsman a expliqué dans The Diplomat que trop de différenciation entre les réfugiés et les manœuvres pourrait en fait nuire à ceux auxquels les analystes et chercheurs souhaitent venir en aide, alors que tant de ceux qui furent autrefois des « réfugiés » sont déjà entrés dans le réservoir de main-d’œuvre en Thaïlande. Il fait valoir que « le plaidoyer pour les réfugiés doit être relié à la défense des intérêts des migrants et du droit du travail » afin d’aboutir à des « solutions durables »… [click here to continue to read full text]

*Originally published in Alter Asia by T. F. Rhoden; translated by Édith Disdet; all other written and photo credits appear on Alter Asia. Unless otherwise stated, all posts on this website are under Creative Commons licence. 

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